mardi 21 février 2012

La gestion des biodéchets à Bruxelles

Ces deux dernières années, j'ai eu l'occasion de suivre une formation de "conseiller en environnement" au sein de l'Institut des Affaires Publiques de Charleroi. Cette formation fut pour moi l'occasion d'aborder et de découvrir les nombreuses matières relatives à l'environnement (eau, air, bruit, énergie, déchets, etc.). Si mon objectif initial était de pouvoir disposer d'un diplôme en gestion de l'environnement, ce fut finalement  l'occasion de découvrir la dimension passionnante des déchets!

Les déchets représentent, pour la plupart d'entre nous, ces résidus de notre consommation quotidienne que l'on jette négligemment à la poubelle sans vraiment y penser. Et puis plus rien. C'est le vide, le néant sur le devenir de ce déchet que l'on aperçoit parfois encore à l'arrière de la benne du camion-poubelle. Pourtant, ce n'est là que le début de sa vie de déchet et selon qu'il soit issu de la filière des Déchets Ménagers Solides (DMS) ou industriel, organique ou à haute valeur calorifique, DEEE, papier, PMC (Plastiques-Métalliques-Cartons à boissons), vert ou verre voir même dangereux, il sera certainement orienté vers un traitement approprié à l'issu duquel il pourra même redevenir une ressource pour de nouveaux produits.

Cette vision quelque peu idyllique, ressemble à peu de chose près aux objectifs d'une société du recyclage que s'est fixée l'Union Européenne en matière de gestion des ressources et de traitement des déchets. Ce sont d'ailleurs là quelques principes et notions réaffirmée dans le cadre de la directive cadre" déchets" en vigueur depuis 2008.

Pour mon travail de fin d'étude, j'ai choisis de me focaliser sur une partie spécifique de déchets: les Biodéchets. Les biodéchets, notion nouvelle regroupant les "déchets biodégradables de jardin ou de parcs, les déchets alimentaires ou de cuisines issus des ménages, des restaurants, des traiteurs ou des magasins de vente au détail ainsi que les déchets comparables provenant des usines de transformation alimentaire", comptent pour 47% du poids de la poubelle du million de bruxellois. C'est dire si le gisement est porteur!

Composés de près de 80% d'eau, ces biodéchets sont pour l'heure dirigés vers l'incinérateur de Bruxelles. Il est dès lors aisé de comprendre l’abbération d'un système de traitement des déchets qui utilise de l'énergie pour brûler de l'eau... C'est certes déjà bien mieux que l'enfouissement en décharge, mais d'autres solutions existent! C'est d'ailleurs l'objet de mon travail.

J'y présente les différentes techniques de traitement des biodéchets, ainsi que les avantages et inconvénients tant au niveau de la santé humaine et de l'environnement qu'au niveau économique et social. L'enjeu pour la région bruxelloise étant de mettre en œuvre les bases juridiques et législatives adéquates pour favoriser et encourager les comportements appropriés des différents acteurs/producteurs de biodéchets, respectant la hiérarchie des déchets définie par l'Union Européenne.

La priorité des autorités publiques (Bruxelles Environnement et l'Agence Bruxelles Propreté) doit donc se focaliser sur la prévention des biodéchets, soit la promotion du compostage décentralisé regroupant le compostage individuel, le vermicompostage et le compostage de quartier. Outre la réduction des biodéchets, ces aspects de la prévention comprennent une dimension sociale non négligeable, porteuse d'une citoyenneté de voisinage synonyme de mieux vivre ensemble en ville. En effet, les composts de quartiers sont souvent associés à des potagers urbains, et favorisent les échanges entre citoyens tout en sensibilisant les habitants aux problématiques la terre et aux notions de cycle de vie des produits.

 Le traitement optimisé des biodéchets passe actuellement par l'ouverture prochaine d'une unité de bio-méthanisation et le développement d'une collecte sélective des biodéchets. Ce sont là les conditions nécessaires au développement d'une filière qualité de compost "Made in Bruxelles".

J'espère qu'à travers ce travail de vulgarisation des différentes législations en vigueur (directive 2008/98/CE, Plan Déchet, etc.) concernant les biodéchets, les différents acteurs percevront mieux les enjeux et défis en cours pour développer des solutions concertées prenant en compte à la fois les avis des autorités et les conseils pragmatiques des associations de terrain.

Bonne lecture et n'hésitez pas à me laisser vos commentaire!


Suite à de nombreuses demandes, je vous laisse aussi une version .PDF du document:



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