mardi 10 mai 2011

Le palmier-dattier comme mur végétal naturel, mon totem à orchidées!

Ma passion pour les orchidées trouve son origine dans la découverte de leur capacité à croître et à évoluer sur des supports divers et variés. Nombre d'entre elles sont  épiphytes en milieu naturel et sont donc aussi à l'aise de la cîme des arbres aux supports rocheux d'une falaise. C'est après un documentaire sur la forêt tropicale que j'ai réalisé que quasiment toutes les orchidées qui m'entouraient depuis mon plus jeune âge n'ont pas pour vocation première d'être enfermées dans un pot comme une simple plante verte, mais s'épanouissent pleinement lorsqu'elle s'évadent pour coloniser une branche,  une roche moussue ou un tronc de palmier-dattier!

Fort de cette révélation, je comprenais mieux leur fonctionnement! Et notamment l'apparition de ces satanées racines blanches qui jaillissent toujours hors des pots , comme pour essayer de libérer la plante mère.
Il faut savoir qu'à La Réunion, le jardin occupe une place sociale et affective très importante. Lorsqu'on parle du jardin à la créole, il faut s'imaginer une sorte de joyeux fouillis dans lequel s'épanouit une nature luxuriante adaptée au climat tropical. Évidemment l'orchidée y occupe une place de choix et on y retrouve notamment toutes sortes d'hybrides de dendrobiums, épidendrums, catleyas, cymbidiums, vandas, oncidiums, coelogynes, ou d'autres espèces plus endémiques des Mascareignes. L'orchidée y est appréciée (parfois un peu trop ;-) pour ses capacités de résistance (sécheresse, pluies diluviennes, etc.), ses qualités aromatiques (rhum aromatisé au faham - Jumellea fragrans), ses qualités gustatives (les gousses de vanille - Vanilla planifolia) mais aussi et surtout pour la diversité, la beauté et la longévité de ses floraisons!

De l'observation à l'expérimentation

C'est donc vers 1998 que j'ai commencé à expérimenter le caractère épiphyte des orchidées réunionnaises en dépotant certaines d’entre elles pour les placer sur des supports verticaux, le long des fanjans (tronc caractéristique) de fougères arborescentes mais aussi sur le stipe (faux-tronc) formé par la base des palmes coupées du palmier-dattier. Le stipe du palmier-dattier, planté quelques années plus tôt par mon père, était selon mes observations un milieu particulièrement adapté à la croissance des orchidées épiphytes grâce au support en forme de "poche" qu'il offrait, à sa porosité et à son hygrométrie idéale. La colonisation rapide de ce milieu par les fougères appuyait largement mes observations. J'ai donc commencé à y insérer quelques orchidées qui foisonnaient dans la cour à savoir des Dendrobiums nobiles, des pluies d'or (Oncidium sphacelatum), des Dendrobium fimbriatum, des orchidées "pipi de chat" - nom donné à cause de son odeur forte (Coelogyne flaccida) et un plant de Paphiopedilum Schroderae. A l'époque, je vivais encore sur l'île et je pouvais observer leur évolution à mon aise.


1998-2011, la révélation d'un projet de vie en constante évolution 



Chaque année depuis 1998, je rajoute des orchidées sur mon palmier dattier qui continue à grandir en offrant toujours plus de surfaces verticales à couvrir! A partir de 2000, j'ai dû m’exiler pour l'Europe où je vis depuis. J'ai ainsi appris à gérer mon mur à orchidée de manière différente. La première étape était de convaincre ma mère de toute la beautée à venir et de l'importance de ce projet pour mon équilibre personnel. Dans un second temps il a fallu lui apprendre à se familiariser aux nouvelles technologies tel que internet, le chat via MSN messenger et skype, et la photo numérique. Là encore, l'éloignement l'a encouragé à se former et à maitriser toute cette technologie. Désormais, communiquer est devenu à la fois facile et quasiment gratuit et chaque mois je peux suivre l'évolution du palmier dattier basé au Tampon, à La Réunion.

Aujourd'hui, je suis devenu accro aux clichés envoyés mensuellement. En effet, j'ai pu y rajouter d'autres orchidées dont des Vandas, Vandas teres, plusieurs Coelogynes (cristata, cristata var. alba, pandurata) des Dendrobiums (nobile, moschatum, pierardii, crumenatum), des Epidendrums multicolor, quelques Oncidiums, un Thunia, et même un Cynorkis purpurascens!

Ma mère se charge d'échanger et de récupérer de nouvelles orchidées qu'elle cultive en attendant que je rentre à la Réunion pour les organiser en fonction de leurs besoins en lumière et hygrométrie sur le palmier! Après quelques recherches je me suis rendu compte qu'un palmier dattier pouvait vivre plus de 120 ans et atteindre de 15 à 30 mètres de hauteur... Cela me laisse donc encore de la marge et me permet même d'imaginer pouvoir léguer cet arbre à fleurs à d'autres générations.



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